Dans notre société, le toucher est paradoxal : à la fois omniprésent dans la publicité et de plus en plus codifié dans les relations humaines. Pourtant, pour le nourrisson et le jeune enfant, le contact physique est une nécessité développementale fondamentale. C'est autour de cette conviction que s'est construite toute ma pratique en psychomotricité à Rueil-Malmaison.
Les fondements théoriques de ma pratique
Le Toucher comme premier langage
Avant la parole, avant le regard, c'est le toucher qui constitue le premier mode de communication entre l'enfant et son environnement. La peau, organe le plus vaste du corps humain, est le siège de toutes les premières expériences sensorielles et affectives.
Le Holding & Handling de Winnicott
Le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott a décrit l'importance fondamentale des soins corporels dans la construction psychique du bébé. Le holding (façon de tenir l'enfant) et le handling (façon de le manipuler au quotidien) créent les conditions d'un développement harmonieux.
Le Moi-Peau d'Anzieu
Le psychanalyste Didier Anzieu a développé le concept de "Moi-peau" : l'enveloppe cutanée sert de support à la construction du Moi psychique. Quand un enfant a du mal à "habiter" son corps, c'est souvent à travers le travail sur l'enveloppe corporelle que le changement s'opère.
Du théorique au clinique : comment j'accompagne les enfants
Mon mémoire de fin d'études s'est appuyé sur deux études de cas cliniques (enfants rencontrés en stage institutionnel) qui m'ont confirmé que le toucher adapté et consenti peut constituer un outil thérapeutique majeur pour des enfants présentant des difficultés de développement.
Ce travail de recherche a posé les bases de ma pratique actuelle au cabinet de Rueil-Malmaison : chaque séance de psychomotricité est pensée comme une rencontre où le corps de l'enfant est respecté, accueilli et accompagné dans ses besoins propres.
L'essentiel, j'en ai la conviction depuis 2006, est d'abord d'établir une relation thérapeutique de confiance avec l'enfant et ses parents, avant tout geste technique.
Ce que cela change concrètement
- Chaque séance commence par un temps d'accueil et d'observation, sans précipitation
- Le toucher n'est jamais imposé — il est proposé, négocié, adapté à l'âge et à la sensibilité
- Les parents sont associés à la démarche, notamment pour les nourrissons
- L'histoire personnelle de l'enfant est toujours prise en compte dans le bilan initial
Le toucher est un moyen de communication archaïque et fédérateur. Il convoque l'histoire personnelle de chacun — thérapeute comme patient — et ce qui en émane dépend autant des interactions affectives précoces que de la situation présente.
— Agnès Combes, Mémoire de fin d'études, ISRP Paris, 2006
Parcours & Diplômes
Prolonger cette approche dans le soin
Ces convictions théoriques se retrouvent dans chacun des services proposés au cabinet de Rueil-Malmaison :